Pit Baccardi n’est pas content de l’organisation du concert de Dadju du 28 juillet 2018 au Palais des sports à Yaoundé, «malgré la joie des fans de l’artiste venus en très grand nombre». Motif : les «nombreux dysfonctionnements» qui ont émaillé ce spectacle, «notamment en matière de sécurité», déplore le rappeur et producteur français d’origine camerounaise dans un communiqué.

Au regard de la situation, il a décidé de porter plainte pour «abus de confiance et escroquerie» contre le producteur de ce concert. «Nous devions être payés pour organiser cet événement, qui lui-même devait être entièrement financé par Learn Life», affirme le patron d’Empire Company, sa société de production musicale engagée pour assurer la production exécutive de ce spectacle, au regard de ses états de service.

Mais les choses ne se sont pas passées comme promis. Non seulement sa structure a dû assurer l’arrivée de Dadju et de son équipe au Cameroun ainsi que leur prise en charge sur place, elle n’a pas pu gérer une partie de la billetterie comme prévu, «seul moyen» pourtant de rentrer en possession «de notre argent et du solde des paiements» des différents prestataires.

23 MILLIONS RÉCLAMÉS

«Nous avions demandé à assurer la gestion des tickets à J-2 de l’événement afin d’éviter un sur-remplissage de la salle. Learn Life a refusé d’accéder à notre requête, entraînant ainsi tous les risques pour la sécurité des fans», déclare Guillaume Ngoumou (son nom à l’état civil), qui présente par ailleurs ses excuses aux «familles camerounaises» qui se sont senties flouées.

Pis encore, l’after prévu après le concert a dû être annulé parce que le producteur n’a pas versé le cachet de Dadju comme prévu initialement. «Même si nous assumons totalement en tant que producteur exécutif notre part de responsabilité dans les nombreuses lacunes graves qui ont été observées, nous avons décidé de porter plainte contre la structure Learn Life représentée par Joël Temgoua», indique le promoteur de Power, un projet musical regroupant plusieurs artistes camerounais tels Locko, Tenor ou Magasco. Sa compagnie réclame également 23 millions de francs Cfa, montant correspondant à la somme qui lui est due, précise le document.

 

Patricia Ngo Ngouem