La patronne du concept moon-look s’est spécialisée dans le commerce international et management de luxe. Sa plateforme, d’abord en ligne, est depuis deux ans une galerie située au 93 Rue du Faubourg Saint Honoré, dans le triangle d’or parisien. Elle dévoile les astuces de sa passion.

Comment est né ton projet de galerie ? 

La galerie est née de la volonté d’offrir aux acteurs des arts et des cultures d’Afrique une place internationale pour raconter l’héritage, se rencontrer, échanger et enfin développer économiquement les activités des uns et des autres.

Avant ce projet, on t’a connue avec le site de E-commerce moon-look (accéder à la lune). Pourquoi avoir choisi de passer du digital au physique ?

Le physique a une dimension humaine plus avérée que le digital. Les sélections que nous proposons sont uniques et méconnues à l’international. Un point physique permet de séduire le client en utilisant les cinq sens.

Une galerie dédiée à la création africaine à Paris, ça manquait ?

Oui ça manquait cruellement ! Surtout à l’heure où l’Afrique est dans toutes les discussions stratégiques (politique, économique, socio culturelle) et la création africaine en plein essor, il faut prendre une place sur le marché international et ne pas juste produire, mais aussi comprendre et agir avec une vision d’intégration verticale de la chaîne de valeur.

Qui sont tes clients ? Et comment ton quartier d’adoption a réagi à ton arrivée au chic Faubourg Saint-honoré ?

Notre clientèle est internationale et constituée de personnes curieuses à la recherche d’objets rares, uniques et authentiques. Le quartier a été très accueillant, contrairement à la froideur externe qu’il affiche. Nous développons même des partenariats avec certains voisins qui s’adressent à la même clientèle que nous.

Tu assures le commissariat d’une exposition avec le designer sénégalais Ousmane Mbaye à la biennale de Dakar. Quelle a été la genèse de ce projet ?

Le projet est né d’une rencontre à Hong Kong en 2017 et de longues heures de discussions. Nous souhaitons tous les deux donner plus de poids aux métiers d’art et au design : ce nouvel espace à Dakar s’inscrit dans cette dynamique. Et faire ensemble, c’est mutualiser les efforts et capitaliser sur nos réseaux respectifs pour garantir le succès.

À te suivre, nous avons l’impression que tu es une pile électrique. Où trouves-tu cette énergie ?

Comme toutes les piles électriques, je recharge souvent mes batteries avec la passion, l’amour du continent, la détermination à réussir ma mission et l’accompagnement de mon équipe. Et ce qui me fait tenir, c’est certainement l’envie de conquérir et diffuser la culture africaine dans le monde entier.

À quoi ressemble une de tes journées types ?

Je n’ai pas de journée type. Piloter une jeune entreprise nécessite une certaine agilité dont je ne peux me priver. Au plan personnel, quelques routines permettent de bien s’ancrer et s’équilibrer. Au plan professionnel, mes objectifs et mes missions sont en perpétuelle mutation. Chaque jour est unique !

Actuellement le défi que nous devons relever est le changement d’échelle, ainsi que le financement de nos opérations pour passer d’une micro entreprise à une petite entreprise de 10 salariés qui génère des revenus à 7 chiffres.

Comment définis-tu le succès ?

Pour moi être « successful » c’est vivre la vie qu’on a choisie, s’améliorer au quotidien et créer de la valeur pour la majorité. Et à mon avis on ne l’est jamais vraiment de façon définitive, chaque cap traversé invite à fixer de nouveaux objectifs, et ce perpétuel apprentissage de soi et des autres est le chemin vers une meilleure version de soi-même.

On dit souvent qu’il est impossible d’être ce que l’on ne voit pas ou que l’on ne connaît pas. As-tu des modèles d’inspiration ?

Pas vraiment. J’ai des objectifs précis, des exemples de réussite, des plans d’action et des mentors pour m’accompagner ; mais j’évite d’aspirer à être comme qui que ce soit. En fonction des objectifs, je trouve des conseils chez des amis, connaissances, presse locale ou internationale. Être la meilleure version de moi est la seule chose qui m’importe. Car chacun doit faire le sacrifice qui lui convient pour arriver à se réaliser.

Propos recueillis par Diane Audrey Ngako

Sujet à lire en intégralité dans ICI Cameroun en N°89 en kiosque