«Dago» fut un footballeur de génie en son temps, notamment dans les rangs du Canon de Yaoundé et chez les Lions Indomptables. Celui qui rêvait d’une brillante carrière professionnelle s’est reconverti dans l’encadrement des jeunes et le sport ludique.

 

Le Dagobert Dang que nous rencontrons aujourd’hui est curieusement seul. Supportant toutes les avanies, survivant à toutes les disgrâces et ne perdant pas le nord au cœur de sa retraite footballistique pas dorée, Dagobert Dang s’est lancé dans l’encadrement des jeunes. Pour y parvenir, il a fallu se former : «Je suis titulaire d’une licence A délivrée par la Fédération camerounaise de football et de nombreuses attestations décernées par la Fifa à l’issue des stages qu’elle organise. Actuellement, j’assure l’animation des écoles de football en attendant plus consistant», explique-t-il.

Comme chez beaucoup d’anciens internationaux camerounais, la tentation de commenter l’actualité est trop forte. Dagobert Dang est plutôt disert quand il s’agit de fustiger le « complexe du colonisé qui anime nos dirigeants sportifs» et qui les pousse à recruter à prix d’or des entraîneurs blancs. «Comment imaginer que Ndtoungou Mpilé soit incapable d’entraîner les Lions ? s’étonne-t-il avec émotion. Nous-mêmes sommes les premiers à dévaloriser nos techniciens. Je pose ici la question à la Fécafoot. Ne nous voilons pas les yeux, les Lions indomptables sont sous perfusion. Au train où vont les choses, le pire est peut-être à venir si nous ne faisons rien. Dix ans, ça commence à trop durer. Une chose est certaine, les joueurs, il y en a».

Celui qu’on a surnommé Dago débute sa propre carrière à Tarzan d’Obala puis à la Foudre d’Akonolinga. Deux ans plus loin, il intègre les Lions indomptables du Cameroun de football. Bientôt, il pose ses valises au sein du club mythique de Nkondongo : le Canon sportif de Yaoundé où il passera cinq ans. Viendra alors une kyrielle de transferts qui le conduiront respectivement à la Dynamo de Douala, Prévoyance de Yaoundé, Olympic de Mvolyé et Tonnerre Kalara Club. «En gros, résume-t-il, ma carrière, c’est quatre titres de champion du Cameroun, cinq coupes du Cameroun, une coupe de l’Udéac, une coupe d’Afrique des Nations, une coupe Afro-asiatique qui deviendra la coupe des Confédérations. Et une bonne brochette de finales perdues».

UN FILS SUR SES TRACES

Dagobert Dang est le dernier enfant d’une famille de sept enfants dont quatre garçons et trois filles. Son père gendarme, Pierre Mougnol et sa mère Marthe Alang, femme au foyer, lui offrent une enfance tendre, tranquille, rangée et benoîte. Dagobert fera ses études primaires à l’école publique et à la mission catholique d’Obala. C’est en classe de première A4 Espagnol au lycée d’Akonolinga qu’il mettra un terme à ses études.

Dagobert Dang est devenu un fier parent qui dit: «J’ai deux garçons dont l’un, Dang Abdoulkarim,  fait ses premiers pas dans le football et un autre, Dang Florent est actuellement à Yaoundé. L’aînée de mes enfants est une fille, et porte le nom de ma mère». Quant à son épouse Ngoura Fatimatou Oumarou, elle vivait à Londres en Angleterre au moment de la rédaction de ce texte. Interrogé sur son mariage épique avec l’artiste de renom K-Tino dans ses plus jeunes années, il réagit : «Tout ayant une fin, tout cela est rangé dans un musée».

«Dago» passe tous les week-ends entouré de sa progéniture, qu’il couve d’un amour au superlatif absolu. Il n’a qu’un rêve désormais : vivre en paix, comme c’est le cas, pour lui, aujourd’hui.

 

Texte: Alemao Anong Agoueyi – Photos: DR / ICI Cameroun