Joseph Kadji Defosso n’est plus. Le père de l’Union camerounaise de brasseries (Ucb) s’est éteint ce jeudi 23 août 2018 en Afrique du Sud des suites d’une longue maladie, indique la famille dans un communiqué. Il avait 95 ans. Peu avant sa mort, l’industriel et richissime homme d’affaires avait été élevé au rang de Grand Chevalier de l’ordre national de la valeur le 20 mai dernier à Douala. C’était sa dernière sortie en public. Les personnes présentes lors de sa décoration ce jour-là avait vu un homme amoindrie par la maladie, mais fier et digne dans son fauteuil roulant.

Né vers 1923 à Bana, dans la région de l’Ouest, Kadji Defosso s’est lancé très tôt dans les affaires. Alors qu’il est adolescent, il quitte son village natal pour aller faire fortune à Douala, la métropole économique. Il commence en vendant des produits alimentaires, du matériel et des fournitures de bureau. Il s’investira plus tard dans la promotion de salles de cinéma à travers le pays, dont la mythique salle du capitole à Yaoundé en 1964.En 1972, il crée Ucb qui produit aujourd’hui 280.000 hectolitres commercialisés en bouteilles en verre, bouteilles PET et en fûts, tel que mentionné sur le site Internet de l’entreprise.Il devient par-là, le premier homme d’affaires noir à se lancer dans l’industrie brassicole en Afrique subsaharienne.

LA KSA, ETO’O, KADJI SQUARE…

En mai 2013, il ouvre un hypermarché avec l’aide de son partenaire français Super U: le Kadji Square. De son entreprise, ce patriarche en a su faire un véritable empire. En effet, le groupe Kadji est l’un des plus importants et prospères du pays. Le groupe a su se diversifier en se lançant également dans l’immobilier (immeubles Cauris, Hibiscus et Baobab), les assurances (Assurances générales du Cameroun, Agc) ou encore la minoterie (Société des céréales du Cameroun, Sgc). Sans oublier le sport. On lui doit en effet la Kadji Sports Academy (Ksa), un centre de formation sportive qui a donné au Cameroun de grands footballeurs, à l’instar de Samuel Eto’o Fils, l’ex-capitaine des Lions indomptables.

Kadji Defosso a également créé la fondation «Fu’a Toula Kadji Defosso». Ce, «dans le but d’encourager l’excellence et de promouvoir l’éducation». En mars 2015, il avait fait un don de 50 millions de francs Cfa dans le cadre de «l’effort de guerre» contre la secte terroriste Boko Haram. «A mon âge, c’est la première fois que je vois une telle chose (les attaques de la secte, Ndlr), avait-il déclaré lors de la collecte de fonds. Avec la disparition de Kadji Defosso, c’est l’une des légendes vivantes de l’entreprenariat camerounais qui quitte la scène.

Patricia Ngo Ngouem

(Photo Jean-Pierre Kepseu / ICI Cameroun)