La promotrice du Festival international du premier film revient sur les grandes lignes de la 5e édition prévue du 9 au 18 novembre 2018 à Yaoundé.

 

Quelles sont les grandes innovations du festival Yarha cette année ?

Le festival a innové sur divers aspects tels que le lieu de l’évènement. Cette année, nous serons à l’hôtel de ville de Yaoundé, dont l’esplanade servira de cadre pour le village du festival. La compétition rentre également en jeu dès cette édition. Des prix seront aussi remis pour encourager les métiers du cinéma. Nous allons continuer avec les matins petit-déjeuner cinéma (projections destinées aux tout-petits, Ndlr) avec le concours des mairies de Yaoundé.

Un hommage sera également rendu aux réalisatrices femmes, notamment Thérèse Sita Bella, pionnière du cinéma au Cameroun…

Les femmes sont sous-représentées dans le milieu du cinéma, particulièrement au Cameroun. Donc, c’est important de les mettre à l’honneur ou de leur rendre hommage. Nous souhaitons que les femmes sortent deleur tête que le milieu du 7e art est la chasse gardée des hommes. Nous souhaitons qu’elles puissent entreprendre et montrer au monde leur vision de ce qu’elles souhaiteraient voir ou faire pour l’améliorer, car le cinéma permet de véhiculer des messages. Le temps est venu d’échanger d’égal à égal en oubliant la question du genre pour ne laisser place qu’à une complémentarité créative que les cinéastes africains en particulier, et ceux du monde en général, ont besoin pour avancer.

Comme la plupart des festivals au Cameroun, Yarha fait face au syndrome des salles vides. Quelle stratégie avez-vous mise en place cette année pour ramener les gens en salle ?

L’un des objectifs majeurs du festival est justement d’amener le public camerounais à renouer avec les salles de cinéma. Le public est toujours convié par les canaux de communication traditionnels  (les médias, les réseaux sociaux…) et aussi par la communication de proximité vers nos cibles. Nous avons commencé la campagne auprès des écoles primaires. Nous allons continuer avec les collèges et lycées afin que ceux-ci puissent comprendre et commencer à s’intéresser à la chose cinématographique. Pour le public qui est déjà averti, nous allons continuer à montrer des films de bonne facture. Ce qui ne peut qu’encourager les gensà venir dans les salles.

Cette édition marque les cinq ans d’existence du festival. Quel bilan en tirer ?

Après 5 ans, nous pouvons dire en toute humilité que nous tenons le cap. Nous offrons des formations aux jeunes dans le secteur et nous espérons continuer ainsi, tant que cela sera possible.Le festival a également révélé au public les compétences de jeunes sur les domaines artistiques autres que le cinéma. Ce, à travers «Yarha découvertes», une plateforme de valorisation et de promotion des talents artistiques qui leur permet de montrer leur savoir-faire. Nous sommes fiers d’avoir également participé au brassage des cultures en promouvant des œuvres culturelles de tous les pays du continent pour le plaisir du public camerounais. Les sorties périscolaires que nous avons initiées l’année dernière ont un grand succès, de par les témoignages des élèves et le retour des responsables des établissements scolaires. Cela nous encourage à poursuivre dans la même lancée, car si nous voulons que les salles de cinéma soient pleines demain, il est important de commencer par la base en éduquant les enfants au moyen de l’image. L’avenir est en train de nous donner raison avec l’introduction du cinéma dans le programme scolaire cette année.

 

Propos recueillis par Patricia Ngo Ngouem