K-tapul’t est un talk show camerounais qui fait découvrir les célébrités camerounaise et africaines sous l’angle du divertissement. Après 5 saisons de Canal 2 à la CRTV, l’émission a réussi à s’imposer au petit écran, grâce à une équipe de jeunes dont c’est la première expérience télévisuelle. Le secret des coulisses, c’est la simplicité, la bonne humeur et … le travail. 

 

Rencontre à Bonanjo, un quartier chic de la ville de Douala. Réputé pour ses constructions en hauteur, ici se mêlent administration et business. C’est en plein cœur de cette cité marquée par l’aspiration à la réussite que nous avons rencontré l’équipe à Yolande Bodiong. Elle, c’est la présentatrice principale de l’émission K-tapult et directrice générale de Maraboo, la maison de production du programme.

Sa sympathique réputation n’est pas qu’un effet télévisuel. Sa voix chantante plante le décor de l’ambiance bon enfant qui se reflète à l’écran. La jeune dame nous amène à la rencontre de ses compères avec qui elle partage l’affiche. Déjà en place, Renaud, MG, Queen, et Charly (qui remplaçait Pat Event pour cette série) sont gonflés à bloc, pour enregistrer les trois dernières émissions de cette cinquième saison. Ils ne résident pas tous dans la ville de Douala. Partis pour certains de Yaoundé et de Buéa, les retrouvailles sont très chaleureuses. Intrigues, blagues et compliments animent l’avant scène. En coulisse, la fièvre monte avec l’arrivée des invités.

Pour l’occasion, l’équipe reçoit Nguéa La route. La grande dame est accueillie à la hauteur de son talent. Mais dans K’tapult la star c’est d’abord MG. La jeune n’a de cesse d’être l’attraction à la fois du public en studio, des téléspectateurs et même des invités. « Je pense qu’elle mérite d’être sur le fauteuil d’honneur, comme n’importe quel de nos invités, déclare Queen. C’est une merveille de la nature ! »

DÉJÀ 5 ANS !

Sur le plateau, tout est fin prêt. Le public est installé. Kalla, le Clapman leur a expliqué ce qui est attendu d’eux, les trucs à faire ou pas, et surtout quand applaudir. Les techniciens hors caméra ne sont pas en reste, chacun s’affairent à son poste pour un rendu impeccable, sous l’œil vigilent de (Nice) Nkoke le réalisateur et Tina Andjongo la directrice de production. Depuis la première saison, la production a opté pour un changement évolutif du décor, indépendamment du choix du nouveau diffuseur, la CRTV. « Le changement de décor était déjà prévu, explique Yolande Bodiong. Après quatre saisons, il fallait passer à autre chose. Nous sommes partis des couleurs purement africaines à une charte graphique plus universelle qui nous permet de nous ouvrir au monde ». Et le changement de diffuseur alors ? « En tant que producteur, la diffusion est le seul moyen  de faire valoir son savoir faire, ajoute la DG.  La CRTV nous offrait plus de marge de manœuvre et de flexibilité pour montre au monde que nous savons produire des émissions. En dehors de K’tapult par exemple, nous avons Sacrés parents, On rezap, Stars challenge, 8 pour un défi et bien d’autres ».

On peut s’en douter, la réussite d’un tel programme nécessite un travail à la chaîne. Mais chacun sait ce qu’il doit faire, surtout après la répétition de la veille. Arrivés deux heures avant le début du tournage les présentateurs sont briefés une dernière fois, puis maquillés et shootés. Il n’y a plus qu’à entrer en scène. Après le tournage d’une émission, relooking rapide des présentateurs avant la prochaine prise. Ici, chaque minute compte et les invités se prêtent au jeu. La post-production prendra ensuite le relai pour sélectionner les 90 minutes que les téléspectateurs verront à l’antenne.

Le premier bébé de Maraboo a déjà 5 bougies. De Canal 2 à la CRTV, l’émission s’est forgée une identité dans un environnement concurrentiel. Bien que Yolande ne partage pas cet avis : « Nous sommes spécialisé dans le divertissement et c’est un métier qui fait appel à la créativité. L’inspiration ne peut être en concurrence. Il y a de la place pour tout le monde. Les autres producteurs sont complémentaires mais nullement concurrents ou adversaires ». Soit !

UNE COMMUNAUTÉ DE « KTAPULTIENS »

Quoiqu’il en soit, Ktapult s’est installé dans les habitudes télévisuelles en alliant divertissement culturel et talk-show sans tomber dans les travers des annonces événementiels qui n’en finissent pas. La rubrique phare, Un jour ailleurs, est certainement la plus attendue. Elle met les célébrités dans la peau d’un travailleur informel. On se souvient de Lady Ponce vendant du poisson fumé, Charlotte Dipanda des avocats en pleine rue, Singuila en call-boxeur, Thierry Ntamack dans un comptoir de samoussas, Fabrice Ondoa porteur dans un  marché ou encore Ice de X-Maleya braisseur de poisson et bien d’autres. « En réalité nous avons du mal nous-mêmes à (vous) dire comment nous faisons, avoue Yolande Bodiong. Peut-être que le fait que nous soyons naturels et parfois terre à terre sans être vulgaires les amène à se sentir en confiance. Ça leur donne l’impression de jouer et c’est à travers ce jeu que nous extirpons des choses parfois très intimes et enfouies au fond d’eux. Ça reste notre principal challenge… ».

En tout cas, le public suit la démarche, question de se divertir et de s’informer deux samedi par mois à l’antenne, ou à volonté sur la chaine youtube de la production. Les internautes peuvent y revoir les émissions de leur choix gratuitement. Depuis sa première mise à l’écran, s’est formée une communauté de « ktapultiens » qui compte à ce jour « plus de 35.000 followers sur facebook ; tandis que le numéro court a une base de données de plus de 50.000 numéros de téléphones ». Quoi de plus normal quand on a réussit à faire tomber le masque de Singuila, Fally Ipupa, Etienne Mbappe, Molare ou encore X-Maleya, Emile Engoulou, Facrice Ondoa, Stanley Enow, Roger Milla, Polycarpe Essomba, etc.

Pour atteindre de tels résultats, Maraboo a choisi de ne pas s’entourer de professionnels du métier à la base, brisant ainsi certaines habitudes. « L’équipe de Ktapult est constituée de jeunes présentateurs pour qui cette émission est la première expérience télévisée. Ceux qui sont hors caméra pour la plupart ont appris le métier à Maraboo et Dieu merci ont été mordus par la passion », se réjouit Yolande Bodiong qui reconnait que les contraintes de travail sont énormes pour  tous. Heureusement que le public le leur rend bien.

L’aventure est trop belle pour la team ktapult qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le projet immédiat, c’est de porter le label dans d’autres pays. En attendant les nouvelles idées, on se retrouve… sur le côté !

Texte : Djeny Ngound – Photos : Patrice Nelle

Sujet à lire intégralement dans ICI Cameroun N°89