L’écrivain et enseignant-chercheur en cycle postdoctoral à l’Université de Bamberg en Allemagne fut l’un des premiers Camerounais à écrire sur Boko Haram, du temps où la secte sévissait uniquement au Nigeria. Il a en retiré une sorte de notoriété mélancolique.

 

SENTINELLE. Face à Boko Haram. Dans les années 2009-2010, Owono note que les exactions de la secte salafiste au Nigeria n’émeuvent pas ses compatriotes. «Il était choquant d’entendre certains Camerounais nous affirmer que ce qui se passe au Nigeria n’arrivera pas au Cameroun parce que le Nigeria n’est pas le Cameroun, parce que le Cameroun, c’est le Cameroun !»

 

PLUME. Réalité romancée. Hormis Terrorisme ou para-terrorisme en Afrique centrale, il a écrit Tribulations d’un jeune séminariste (Harmattan, 2009), Pauvreté ou paupérisation en Afrique (University of Bamberg Press, 2011). Vient de paraître : le roman Nchallah (Edilivre, Avril 2017), l’histoire de deux Africains amoureux dans une université allemande.

 

CONVICTIONS. Par la foi. Owono écrit comme il voit et croit. Né dans une famille catholique croyante, il a grandi sous l’aile d’une grand-mère qui inculquait l’idéal de foi et d’amour à la suite du Christ. «Et lorsque j’ai connu l’histoire de mon peuple, du peuple noir, je n’ai eu de cesse que de m’engager moi aussi», dit l’ancien séminariste pour qui la crise a «dévalué à 50%» le clergé.

 

ALLEMAGNE. Terre de philosophie. Les Camerounais d’Allemagne sont connus pour leur dynamisme, visible lors de leur Challenge annuel. Owono questionne: «À qui profitent les retombées ? À l’État allemand, par la location des salles, des terrains de jeu, des hôtels. Qu’est-ce que les Camerounais en tirent pour eux-mêmes, pour leur pays ? Rien du tout. Ou presque rien».

 

COTÉ JARDIN. Silences assourdissants.  Devenir écrivain et penseur, dans le cas d’Owono, peut procéder d’une quête quasi monacale de tranquillité. Silence d’une enfance très encadrée, silence de Dieu et de l’Église dans l’ensemble, silence de l’auteur devant sa feuille blanche. Et silence sur la vie privée : «Elle est un peu compliquée en ce moment, du coup je préfère ne rien en dire».

 

Prés Carrés – ICI Cameroun