Saadatou Djallo épouse Kalkaba aura fait une véritable dernière sortie publique en fin d’année 2017 lors de la présentation par Ghislaine Bebom de son Prix international pour l’entreprenariat dans le sport féminin au Cameroun.

Au cours de cette cérémonie au palais des sports de Yaoundé, l’hôte du jour n’avait pas tari d’éloges à l’endroit de l’épouse du Colonel Kalkaba Malboum (ici en photo), qu’elle présente volontiers comme sa «mère».

À la même occasion, l’assistance aura appris que Saadatou Djallo épouse Kalkaba était déterminée à conquérir la Ligue du football féminin. Ce qui donnait alors à ces assises des allures de précampagne. D’ailleurs, beaucoup ont soupçonné dame Kalkaba d’avoir  financé la conférence de presse.

 

TRAVAIL D’ÉQUIPE

En fait, le couple Kalkaba est omniprésent dans le monde du sport au Cameroun. Le mari, colonel de gendarmerie, aura été pendant de très longues années président de la fédération camerounaise d’athlétisme, puis plus tard, président de l’instance faitière continentale de ce sport, tout en étant par ailleurs président de l’Organisation du sport militaire en Afrique, et du comité national olympique et sportif du Cameroun.

L’on avait alors tendance à circonscrire la famille Kalkaba au sport, sans lui prêter une quelconque ambition politicienne. Les observateurs seront alors pris au dépourvu lorsque Saadatou Djallo va déposer sa candidature en tant que tête d’une liste RDPC pour les sénatoriales. Après les tractations, sur fond de balai des grosses cylindrées à l’hôtel Transcam de Ngaoundéré qui abritait les travaux de la commission régionale d’évaluation et de validation des listes pour l’Adamaoua, elle sera finalement retenue parmi les candidats potentiels.

Mais cette candidature sera contestée par l’UNDP lors du contentieux pré-électoral pour «défaut de souche de naissance». En d’autres termes, le sénateur sortant Pierre Flambeau Ngayap, auteur de la requête, contestait l’authenticité de l’acte de naissance de l’épouse du colonel.

 

PRESSION DU RDPC

Alors que tout le monde attendait les débats entre les parties, et qui s’annonçaient très défavorables pour le RDPC dans l’Adamaoua, coup de théâtre. L’UNDP a tout simplement choisi de se désister, Flambeau Ngayap et ses avocats, pourtant présents durant toute la matinée 16 mars à la salle des audiences du Conseil constitutionnel au palais des congrès, ayant quitté discrètement la salle durant la pause. Que s’est-il passé ? Mystère boule de gomme !

Mais dans les tentatives d’explications, certains observateurs font savoir que l’Undp, membre de la majorité présidentielle, n’avait pas trop le choix. Face à la situation peu cocasse de Madame Kalkaba, le Rdpc aurait mis sur la balance, le maintien de Flambeau Ngayap au Sénat et de Bello Bouba Maïgari au Gouvernement. De même qu’il a été évoqué la possibilité pour le parti des flammes, en cas d’insistance de l’Undp, de donner comme en 2013, des consignes de vote en faveur du Sdf dans l’Adamaoua. Très vite le choix du désistement a été fait par les leaders de ce parti.

 

Texte Njoya Moussa – Photo Jean Pierre Kepseu – ICI Cameroun