Candidat malheureux et benjamin de la dernière élection présidentielle où il s’est classé troisième avec 6,28 % des suffrages exprimés, Cabral Libii Li Ngué Ngué était très attendu par l’opinion suite aux «marches blanches» organisées par les partisans de Maurice Kamto, le leader du MRC finalement interpellé à Douala le 28 janvier 2019 puis conduit à Yaoundé avec quelques compagnons.

Pour Cabral Libii, cité par le quotidien Mutations de ce 30 janvier 2019, «les libertés fondamentales et les droits fondamentaux sont à rude épreuve. Et cela n’est pas nouveau au Cameroun. Depuis les frissons qui ont émaillé le retour à la démocratie puis entre autres, la germination du SDF dans une mare de sang, les émeutes de 2008 jusqu’à la forfaiture électorale de 2018, les tenants du pouvoir en s’appuyant sur des lois taillées sur mesure depuis 1990, n’ont eu de cesse de museler, d’embastiller, d’intimider, de réprimer l’expression des libertés au point parfois de donner la mort».

 

FAITS HISTORIQUES

Dans une sortie où il ne cite jamais le nom de Maurice Kamto, le champion du parti Univers passe en revue les tares historiques du régime en place, ajoutant notamment que «le gouvernement a toujours usé de tous les moyens, y compris les violences physiques pour réprimer l’élan citoyen».

Avant de préciser au sujet des marches réprimées : «Nous condamnons, comme cela est constant, ces restrictions d’un autre âge, ces pratiques autoritaristes».

Cabral Libii, un brin professoral, prévient : «C’est le lieu de rappeler que la compression des libertés est ce qui entraîne les dérives sociales, engendre toutes formes de radicalismes et de conflits sociaux, érode les fondements de la cohésion nationale».

 

AUTRES VOIX MOINS NUANCÉES

Questionnés dans la même édition du journal, d’autres leaders politiques se veulent plus tranchés. A l’instar de Kah Walla, présidente du CPP, qui prédit que «la situation sera plus explosive». Pour Me Akere Muna, l’heure est aux propositions concrètes : «Si ce gouvernement veut la paix, il devrait immédiatement organiser un dialogue national inclusif».

Hilaire Kamga, mandataire de l’Offre Orange, condamne «une nouvelle provocation du régime de Yaoundé qui définitivement a choisi la force face aux desiderata des populations». Mais pour Engelbert Essomba Bengono, militant du Rdpc rencontré par Mutations, «la page judiciaire contre la barbarie s’ouvre».

 

J.E. – ICI Cameroun