La toute première Première Dame de l’histoire du Cameroun était «la seule vraie confidente du président Ahidjo» selon les mots de Philippe Gaillard, un des spécialistes du Cameroun parmi les auteurs français.

Dans sa publication «Ahmadou Ahidjo, patriote et despote, bâtisseur de l’État camerounais», ce dernier notait au sujet de la First Lady : «Intuitive, comprenant mieux que son mari la complexité et la faiblesse des hommes (…) Germaine a incarné l’image d’une femme élégante, qui a révolutionné le mode vestimentaire chez les femmes du Nord. Sa façon d’attacher le foulard ou d’enfiler le pagne est devenue un style qui perdure. Dans le Nord, le vocable Madame renvoie à sa personnalité».

Cette métisse née à Mokolo en 1932 d’une mère prénommée Hawa (fille de lamido) devint la fille adoptive de Yaya Boubawa, infirmier de l’hôpital de Mokolo.

École régionale de Maroua (1942), certificat d’études à Yaoundé, Collège des jeunes Filles de Douala puis bourse d’études pour la France où elle suit une formation d’infirmière. Elle y obtient un diplôme d’Etat en 1952.

Cinq ans plus tard, elle épouse Ahmadou Ahidjo. D’après certaines sources proches de la famille, elle aurait, à maintes reprises, retenu la main du président au moment où celui-ci était prêt à punir sévèrement quelqu’un qui avait failli à ses engagements.

Depuis la disparition de son époux à Dakar au Sénégal en 1989, elle incarne désormais la veuve digne et positive, qui a pour Chantal Biya l’actuelle Première dame des paroles courtoises et chaleureuses. Cette dernière lui a en effet transmis ses salutations une fois par le billet d’Élisabeth Diouf l’ex-Première dame du Sénégal.

Avec Germaine Ahidjo, la Journée Internationale de la Femme fournit à ICI Cameroun l’occasion de célébrer celles qui ont su poser leur empreinte sur l’histoire du pays. Sportives, artistes, intellectuelles, femmes d’affaires, femmes politiques ou de pouvoir, elles apparaissent dans cette série de portraits par ordre alphabétique.

 

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