Toutes séries confondues, la jeune Azang Madeleine, née en 1925 à Foulassi par Sangmelima, a été la première Camerounaise à décrocher un baccalauréat. Mais c’est davantage comme symbole vivant de la lutte pour l’indépendance du Cameroun et l’insertion des femmes dans les sphères du pouvoir qu’elle va se distinguer.

Elle sera, en 1958, la seule femme membre de la Commission chargée de rédiger la Constitution du futur Etat du Cameroun.

Fille de Frédéric Medjo m’Azang, l’un des derniers chefs supérieurs du Sud-Cameroun (il avait 38 femmes dont Thérèse Géneviève Eloumba Ovambe la maman de la petite Azang), Madeleine décroche à 25 ans un bac en sciences expérimentales à Nice en France. Rentrée au bercail en 1951, elle rejoint Louis Paul Aujoulat dans la lutte pacifique pour l’indépendance du Cameroun où elle retrouve Ahmadou Ahidjo qui a séjourné maintes fois chez son chef de père.

Elle serait devenue la première femme élue à l’Assemblée fédérale du Cameroun si elle l’avait voulu, mais elle a laisse la place à la jeune Julienne Keutcha. Elle aurait également refusé le poste de Premier ministre d’Ahidjo pour garder la distance avec les affaires publiques. Plus tard, ses positions audacieuses la mettront en porte à faux avec l’UNC, dont elle perd la présidence au profit de Delphine Tsanga.

Après son mandat à la présidence du conseil national des femmes entre 1961 et 1964, elle met sa carrière politique en veilleuse pour se consacrer à son foyer et à l’enseignement, notamment au Collège Azang Madeleine de Sangmelima. Elle a arpenté les villages du Sud Cameroun pour encourager la jeune fille à suivre son exemple.

A une époque où on ne voit de femme à aucun poste de commandement, elle sera surveillant général au Lycée Général Leclerc, proviseur au lycée de Sangmélima et, plus tard, enseignante d’université après un doctorat en lettres en sciences humaines, option histoire et géographie. Elle refait surface en politique en 1983. Après trois mandatures à l’Assemblée nationale (elle sera du reste membre du Conseil Supérieur de la magistrature), elle s’est offert une retraite méritée à l’aube du multipartisme.

Avec Madeleine Mbono Samba, la Journée Internationale de la Femme fournit à ICI Cameroun l’occasion de célébrer celles qui ont su poser leur empreinte sur l’histoire du pays. Sportives, artistes, intellectuelles, femmes d’affaires, femmes politiques ou de pouvoir, elles apparaissent dans cette galerie de portraits par ordre alphabétique.

Photo : Eric Deffontaine – ICI Cameroun

 

Prochainement: MBOTO FOUDA Lucie

 

Précédemment

FAMPOU Denise

FOMEKONG Mireille

FONING Françoise

FOTSO Kate

GOBE Brigitte

GWET BELL Ernestine

KEUTCHA Julienne

K TINO

LEKE Rose

MBANGO ETONE Françoise