Une voix et une longévité hors du commun ! C’est en 2016, à l’âge canonique de 84 ans, que l’histoire de la Reine Mère de la chanson camerounaise ou Première Diva du Bikutsi a pris fin.

Anne-Marie Nzié est en effet la seule artiste avec Manu Dibango qui pouvait prétendre connaître et influencer toutes les générations de chanteurs dans son pays. C’est à Bibia, petit village du Sud Cameroun situé à 4 km de Lolodorf, qu’Anne-Marie fait ses premières gammes à l’ombre d’un père pasteur évangélique du nom de Simon Pierre Nzié et de se maman Rachel Malingue. Elle s’initie à la guitare hawaïenne sur les conseils de son frère Moïse Nzié qui fait carrière sous le nom de Cromwell.

Lorsqu’elle remporte un concours organisé par le guitariste allemand Siegfried Behrend, la chanteuse commence à tourner seule sur les podiums du pays. Elle signe pour le label congolais Opika en 1954. Artiste préférée et choyée du président Ahidjo aux côtés d’Eboa Lottin, elle devient en 1967 la seule femme présente à  Africambiance, le label de Joseph Tamla et Samuel Mpoual, inauguré par les gloires locales comme Manu Dibango et Francis Bebey.

Dès lors, les capitales s’alignent pour entendre cette à Libreville, puis au Festival culturel panafricain d’Alger en 1969, à la Semaine culturelle camerounaise de Dakar en 1975, au FESTAC de Lagos en 1977. Elle récolte partout des milliers d’admirateurs. Quant aux distinctions, elles s’empilent, de la Corée du Nord au Cameroun (Commandeur de l’Ordre de la Valeur pour la plus haute) en passant par la France qui lui décernera plus tard la Légion d’Honneur.

Usée, elle pense à se retirer de la scène quand le succès lui tend à nouveau les bras avec  «Liberté» sorti en 1984. Entre 1994 et 1995, elle fait l’objet d’un documentaire qui la montre dans une demeure misérable. Ces images vont pousser Paul Biya à lui attribuer une résidence décente.

En 1998, elle enregistre l’album  «Beza ba Dzo» en CD et double cassette audio, entourée des Manu Dibango, Noël Ekwabi, Brice Wassy, Guy Nsangué, Mbida Douglas, Coco Mbassy, Mario Canonge, Minino Garay, J.P. Rykiel. Cette année-là, Anne-Marie Nzié relance complètement sa légende d’Angoulême à Londres en passant par Bruxelles. Sa devise aura été : Chanter jusqu’à la mort ou rien.

Avec Anne-Marie Nzié, la Journée Internationale de la Femme fournit à ICI Cameroun l’occasion de célébrer celles qui ont su poser leur empreinte sur l’histoire du pays. Sportives, artistes, intellectuelles, femmes d’affaires, femmes politiques ou de pouvoir, elles apparaissent dans cette galerie de portraits par ordre alphabétique.

 

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