Valérie Belinga a débarqué sur la planète showbiz avec un premier album au grand caractère, unissant sonorités latines et camerounaises qu’elle a baptisé «The girl from Yaoundé».

Un jazz soft où se mêlent savoureusement samba, rumba, soul, afro beat et un shake mix de rythmes béti, bassa et bamiléké. Autrement dit, le vivre-ensemble. Cette orchestration harmonieuse est habillée par la voix sans parasite de Valérie Belinga qui pour l’occasion, chante surtout en portugais.

«Cet album s’articule autour d’un voyage transatlantique entre le Brésil et l’Afrique (Cameroun plus précisément), explique la cantatrice. Un hommage d’un continent à ses descendants. Ce n’est pas un album de compositions d’un répertoire propre, mais plutôt de propositions, c’est-à-dire d’une autre vision autour de chansons qui existent déjà». Justement, on y retrouve O que Sera de Chico Buarque ou encore Toda Menina Baiana de Gilberto Gil… «Cet album est conçu comme un partage de ce que l’on appris d’un côté et ramené d’un autre», ajoute l’artiste, reconnaissante d’avoir pu compter sur Noël Ekwabi à la basse, Alain Debiossat au saxophone, Kristo Numpuby à la guitare, Nicolas Genest ou encore Denis Tchangou aux percussions.

 

TOURISME MUSICAL

Contaminée par le virus de la musique à travers son père, Valerie Belinga aime explorer les rythmes  d’ailleurs pour en garder le meilleur. Les sonorités caribéennes, indiennes du Pérou, sud-africaines, brésiliennes et le jazz la passionnent. Cette touriste musicale, se laisse séduire par tout ce qui peut la parfaire. Si ses formations au Centre d’information musicale (CIM), puis à l’Institute of an Artistic and Cultural Perception (IACP) à Strasbourg en France lui permettent d’avoir la science en la matière, elle confesse avoir appris le métier « en faisant les séances ‘guetto’, de musique africaines destinées aux africains à ses débuts avec Aladji Touré, et en se produisant à des mariages et des clubs avec Manou lima, un producteur senegalo capverdien ». Valérie a également chanté du gospel comme son père avec Georges Séba. Toute chose qui l’on amené à maturité.

La jeune femme originaire de Bengbis dans la région du Sud garde des souvenirs de sa terre natale. «Les grandes vacances demeurent des moments inoubliables car il fallait entreprendre une expédition pour aller au village. C’était en passant par le bac à Bafia, puis en l’évitant par Ndikinemeki. C’était long et épuisant, mais les retrouvailles avec mes grands parents méritaient le sacrifice, sans parler du Kpwem (mets à base de feuilles de manioc) que je savourais sans me faire prier… D’ailleurs, le Kpem me manque toujours», avoue-t-elle.

 

Texte : Djeny Ngando – Photo DR – ICI Cameroun