Sylvain Nkom, ancien chirurgien-dentiste et ex-international de football possède un des matériels de sono les plus demandés d’Afrique centrale. « Cela va des micros apposés sur chacune des caisses de la batterie jusqu’à l’emplacement des grosses enceintes acoustiques, en passant par la boisson qui étanche la soif des musiciens», nous a expliqué Sylvain Nkom, PDG du label Universal Production.

L’aventure acoustique de l’ancien international de football commence en 1990 à la suite d’un malheureux concours de circonstance. Un concert puissamment médiatisé est organisé au Stade de la Réunification de Douala par Charles Loïc. Couru par 30 000 spectateurs, l’événement vire au cauchemar, à cause d’un son inaudible. Déchaîné, le public s’est mis à tout casser. «Cela a fait tilt dans ma tête ! Je me suis dit : la substance est là : un public énorme venu vibrer au rythme d’une bonne musique».

Celui qui est alors chirurgien-dentiste potasse des bouquins aux fins de comprendre les circuits du son. L’ouverture d’une boîte de nuit, le Saint-James, et l’achat d’un petit matériel s’en suivent. De petits concerts seront organisés avec des stars comme Eboa Lottin, Ben Decca, accompagnés par l’orchestre de Kotto Bass : «La boîte de nuit m’a permis de savoir comment réagir quand il y a 10 personnes, 50 ou 100 personnes ». Sylvain Nkom va racler dans les caisses de son cabinet dentaire, afin de s’offrir en France une vraie console d’une valeur de 20 millions FCFA.

 

UN BLANC POUR S’OCCUPER DU MATÉRIEL

Grâce au bassiste Étienne Mbappè, il rencontre pendant son séjour français une dame nommée Martine Forestier qui le met en contact avec un monsieur, vendeur d’un matériel aux capacités dont il n’avait même pas rêvé. Coût du bijou : environ 150 millions FCFA. Mme Forestier obtient que la sono soit cédée à 70 millions FCFA. Sylvain Nkom peut avancer les 15 millions en sa possession. Elle, pour sa part, endossera la garantie du reste. Le matériel atterrit à Douala en 2001.

Et il est tellement sophistiqué que Sylvain Nkom fait venir un Blanc pour s’en occuper. « Si tu ne disposes pas d’un expert qui maîtrise ce matériel, il ne sert à rien de le sortir, justifie-t-il. Considérant le coût du matériel, il faut envisager une quinzaine d’années pour son amortissement. Or, imagine qu’il n’y ait pas de maintenance experte, les appareils peuvent se désagréger au bout de 5 ans, et c’est la catastrophe. » Au moment de notre entrevue, Sylvain Nkom chiffrait à 400 millions FCFA, le total de ses investissements en logistique de sonorisation. Et désormais, les plus grosses pointures de la scène musicale internationale acceptent de venir au Cameroun, rassurées d’y trouver un son qui obéit aux normes hautement professionnelles.

 

Texte : Tongo Etonde – Photos : Michel Balla / ICI Cameroun