François Misse Ngoh, l’auteur du tube «Charlotte Amélie», a eu la musique qui coule dans ses veines depuis la tendre enfance, quand il s’égosillait à interpréter les chansons de Johnny Hallyday

Tout petit, il préfère aller en  congé chez un oncle musicien au village, où ont lieu ses premiers contacts avec la guitare. Plus tard, quand il abandonne les études, c’est chez un autre oncle qui a des bouquins de musique qu’il habitera à Douala. Il y découvre les accords simples et les accords avec grand barré, qu’il va aussitôt  plaquer sur la guitare. Très tôt, son jeu de guitare lui permet d’entrer dans un petit groupe à Oryx bar, un espace de détente alors bien connu à Douala.

«C’est un peu par hasard que je me suis retrouvé à faire de la musique», confie notre musicien qui a vu le jour un 17 juillet 1950, à Mbonjo-Abo dans le Moungo, à quelques kilomètres de Douala. Son père décédé très tôt, la mère du petit François n’a plus les moyens de payer la scolarité. Missè Ngoh se laisse donc aspirer par la musique au détriment des études qu’il va abandonner dans les années 68-69. Entre-temps, inscrit à l’École privée pratique de commerce, il a obtenu le diplôme de dactylo, degré élémentaire.

A L’ÉCOLE DE LOS CALVINOS

En 1970, il est sollicité par Los Calvinos, grand groupe de la place, où il va réaliser l’essentiel de carrière. Le groupe, à l’époque, écume les cabarets de la capitale économique : Moungo River, la Joie d’été, Akwa Club, Mermoz, Mont Cameroun… Missè Ngoh est le guitariste attitré de la bande, qui comprend à la guitare solo Manuel Guysso, à la basse Manfred Nyamsi, à la batterie Edouard Ebonguè, à l’animation et aux maracas Paul Elong, aux tumbas Japhet Ebellè et à la chanson Frédéric Nkomè Ngosso.

C’est dans un bar que Missè Ngo enregistre deux années plus tard, en 1972, son premier disque 45 tours, à l’aide d’un magnéto 4 pistes. L’artiste, il faut le signaler, va parallèlement mener une carrière solo, tout en continuant à essaimer les bars de la ville en tant que guitariste de Los Calvinos. Au total, 10 disques 45 tours seront publiés sous l’égide des éditions Sonafric et Gico, cette dernière boîte appartenant à un Nigérian.

En 1978, Missè Ngoh décroche un contrat avec les éditions Sonodisc, qui lui vaut de s’envoler pour la France où sera enregistré son deuxième 33 tours comprenant le morceau  Eyala Ndolo. « À l’époque, renseigne le chanteur, on ne titrait pas les albums. Et l’expérience nous a révélé que la chanson sur laquelle on misait comme titre-phare passait souvent inaperçue au détriment d’une autre qu’on n’attendait même pas. »

UNE DREAM TEAM AUTOUR LUI

Mais par la suite, quand Missè Ngoh débarquera pour ses enregistrements, il fera appel à son équipe-type : Toto Guillaume à la guitare solo, Mbida Douglas aux claviers, Ebeny Donald Wesley à la batterie, Belinga Ben’s  au saxophone, Ahmed Bellaucine et sa bande aux vents, et lui-même assurant la guitare rythmique, quand il ne fait pas rythmique et solo à la fois. Pendant un bon moment, l’artiste s’inscrira au rythme d’un album par an enregistré en France.

Le chanteur comptabilise le rondelet total de 34 albums de 33 tours et 10 disques 45 tours, parmi lesquels les tubes Le mari avant tout, Alpha Oméga, La vie c’est terrible…

Texte : Tongo Etonde – Photos : Michel Balla  et Nicolas Eyidi / ICI Cameroun