Angélique Touenguéné-Nlend, premier adjoint au maire de Douala 1er, s’est forgé une réputation d’élue du peuple la plus glamour et lyrique de la place.   ICI Cameroun l’a vue à l’œuvre.

Pendant ce mariage à l’état civil qu’elle célèbre, Madame le maire se propose d’offrir, séance tenante, un cadeau au couple qu’elle est en train d’unir. Elle s’élance dans une déclamation de poème. Le romantisme dans lequel a baigné jusqu’ici le cérémonial du mariage, atteint-là son paroxysme. Transie d’émotion, l’assistance n’a pas vu le temps passer. Un récital. Orchestré comme un opéra. Avec son arsenal d’ouverture, mouvements, interludes, entractes et final solennellement majestueux.

Assorti d’une synchronisation millimétrée entre les différentes séquences du discours fleuri, plein d’à propos – sans moindre coup d’œil au ‘’bord’’ – de la maîtresse des cérémonies et les enchaînements de plages musicales mitonnés de main de maître par un DJ super équipé. Et qui valsent entre symphonies de Beethoven ou de Mozart, concertos de Schumann, sérénades d’Edith Piaf, slows de Dina Bell ou encore groove R’n’B d’une Alicia Keys… Autant d’hymnes à l’amour et odes à la joie. En vue de distiller  des « pétales de bonheur » aux heureux tourtereaux.

 

DE LA LATÉRITE AU GOUDRON

Une véritable artiste en son genre. Raffinée dans son propos, ses manières et jusqu’à son port vestimentaire et les accessoires qui vont avec, le maire adjoint  de Douala 1er, Angélique Béatrice Touenguéné-Nlend, a acquis une notoriété grandissante qui, à l’en croire, lui vaut d’être particulièrement sollicitée.

Élue en 2007 à la mairie de Douala 1er  pour le compte du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Mme Touenguéné-Nlend cooptée au sein de l’exécutif communal, y fait office d’adjoint au maire, chargée des affaires sociales, de la coopération décentralisée et de la communication. Son rayon d’action : la mise en mouvement de jumelages et partenariats avec des collectivités territoriales d’ici et d’ailleurs, pourvoyeuses d’assistance, services et équipements propices au développement local.

 

1ère FEMME DIRECTEUR PLEIN AU PORT DE DOUALA

La précédente mandature 2002-2007 a en effet vu élire Mme Touenguéné à la commune rurale de Massock-Song Loulou, dans la Sanaga-Maritime où elle s’est frottée à la «politique de la latérite», spécifique aux zones rurales. Par opposition à la « politique du goudron » du milieu urbain. Angélique Touenguéné-Nlend a la particularité d’avoir fait son baptême du feu en bravant les partisans des Villes Mortes, en ces heures où il était risqué de s’afficher en oriflammes du parti des flammes. À l’époque, elle marche sur les traces de sa jeune sœur, aujourd’hui décédée, Nchoh Dika, passionnée de politique depuis la période du parti unique. Et qui aura été présidente de sous-section OFRDPC à Wouri V.

Deux années après avoir occupé le poste de directeur adjoint des ressources humaines, une direction nouvellement créée dans la société, Mme Touenguéné sera promue directeur des ressources humaines en 2000. C’est, à l’occasion, la première fois qu’un poste de directeur plein est confié à une dame depuis l’Office National des Ports du Cameroun (ONPC), ancienne désignation de cette entreprise gestionnaire des ports du Cameroun. Elle est alors âgée de 43 ans. Signalons que Mme Touenguéné a fait toutes ses classes dans cette entreprise, où elle a été recrutée en 1986, au sortir de son cursus académique.

 

LE GOUT DU LEADERSHIP

Membre du Rotary International, elle aura été la première femme présidente de son Club (2003-2004). L’on jugera tout naturel de retrouver la battante dans les rangs de l’association ‘’Dirigeantes International’’, dont le siège est à Paris et « qui rassemble des femmes qui ont l’âme de décideur, l’aptitude et le  pouvoir de diriger… », avise celle qui en aura présidé la représentation du Cameroun pendant 4 ans. Mme Touenguéné-Nlend est par ailleurs membre de la Chaîne Internationale des Rôtisseurs, également basée en France. Un cercle sélecte d’épicuriens qui se réunissent une fois par mois dans un restaurant huppé, aux fins de goûter aux délices de la bonne table.

On pourrait également mentionner à l’actif de cette personnalité multidimensionnelle, son long séjour à la tête du Comité des sports et loisirs du P.A.D. qu’elle préside depuis 1999. En, outre, la distinguée dame aura occupé le poste de 2ème vice-président de la Fécatennis de 2004 à 2008…

 

LE SPORT COMME ART DE VIVRE

Mme Touenguéné est une spartiate du sport de remise en forme. Ou du sport tout court. D’où, assurément, son naturel plein de vitalité et débordant d’énergie. Une cinquantaine de trophées trainent dans différentes pièces de la résidence familiale, sise à Bonapriso. «Loïc, mon fils, a été le n°1 chez les juniors avant de s’expatrier pour motifs académiques. Le golf, c’est le sens de la vie : vous voyez d’où vous êtes partis, et ce qui reste à parcourir, vous vous projetez sur ce qui reste à faire», disserte la dame née un 16 octobre 1957 à Akonolinga d’un d’ancien directeur des Postes, Emmanuel Nlend, qui terminera sa carrière comme fonctionnaire international à l’Union Postale Universelle à Bern en Suisse.  Pays où la jeune Angélique Béatrice a débarqué dès la classe de troisième. Avant d’y passer son baccalauréat série A4 à l’Ecole internationale de la Chassotte de Fribourg, en 1979. Et où elle obtiendra sa maîtrise en Lettres modernes à l’Université de Mont Saint-Aignan, en 1983.

 

NOCES D’ARGENT EN 2005

Angélique Béatrice Nlend s’est unie à Victor Emmanuel Touenguéné à Berne en Suisse, en 1980. Elle est encore étudiante. Ils se sont connus au Cameroun, et se sont retrouvés en France, où le soupirant obtenait son diplôme de Capitaine de première classe Marine marchande au Havre.

Le 25 décembre 2005 à Douala, ils ont fêté en grandes pompes leurs Noces d’argent. Avec 300 convives. Strictement vêtus de rose. Le couple a eu deux enfants, Loïc et Magali.

 

Texte : Tongo Etondè – Photo : Michel Balla / ICI Cameroun