Olivier Bile, enseignant d’université, documentaliste et homme politique camerounais né le 16 avril 1967, a été un candidat fort percutant à l’élection présidentielle d’octobre 2011  au Cameroun, lorsqu’il a introduit le concept de foyisme.

Olivier Bilé entendait par là réarmer spirituellement les Camerounais pour combattre toutes les tares auxquels ils ont souvent fait foi. Dans le secret de ses stratégies, il a  toujours pu compter sur les conseils avisés de son épouse Prudence Chetah Bilé, journaliste au Poste national radio de la Crtv, voix parmi les plus réputées de la République.

Leur destin s’est croisé en 2001 dans un train qui menait chacun d’eux au Tchad pour des nécessités de service (Olivier était déjà à la CRTV tandis que sa future épouse était employée à la South Media Corporation, éditeur du quotidien Mutations). Ils ne se sont plus quittés. Ils sont les heureux parents de John et Chancelle. Chetah avoue ne pas se reconnaître «une âme de militante», mais un chef du service politique comme douce moitié, car c’est toujours utile pour un homme politique.

 

UN MENTOR NOMME HUBERT KAMGANG

L’engagement politique d’Olivier Bilé s’est fait sur les bancs de l’université en France. Jeune passionné de la scène politique française, il se cultive via les médias et les bouquins après une vaine tentative d’inscription à Sciences Po Paris VIII: «J’étais déjà à Valenciennes, et je devais jongler avec les deux institutions. Sans bourse, j’ai jeté l’éponge.»

Au pays, il croise la route de son mentor Hubert Kamgang qui le fait secrétaire général de l’Union des populations africaines, le parti qu’il a fondé en 1996. À ce titre, il est directeur de campagne du candidat Kamgang lors de l’élection de 2004. Mais en politique, les démons de la division restent toujours en embuscade : «Au plan stratégique et idéologique, mon mentor et moi étions en déphasage. On a eu beaucoup de discussions interminables. Mais j’avais la conviction que mes idées étaient bonnes, j’ai claqué la porte en 2006.»

 

COMPRENDRE LE «FOYISME»

C’est à partir de ce moment qu’il commence à mûrir le projet qui a vu le jour le 22 octobre 2010 : le foyisme politique. Celui-ci est une invite à une nouvelle forme de construction politique et une représentation du monde dont le centre de gravité est Dieu. Ainsi se raconte Olivier Bilé, époux de journaliste star, lui-même né un 16 avril 1967 à Doumé dans la région de l’Est.

Il s’est jadis installé en France pour des études supérieures en sciences et techniques audiovisuelles sanctionnées par un DEA en 1992. De retour au pays, ce sont les catholiques du Multi Media Centre qui l’accueillent comme concepteur-réalisateur de documentaires jusqu’en 1998 où il est appelé à la Cameroon radio television (Crtv) pour le même job.

On retient aussi qu’il a réalisé des biographies: Mongo Beti, l’Écrivain engagé ; Othéo l’Africain qui lui a valu en 1999 le grand prix Regard sur les télévisions africaines lors du Festival Vues d’Afrique au Canada.  Autres documentaires biographiques signés Bilé : André Fouda, le Bâtisseur  ; Vroumsia Tchinaye, le brillant météore ; Victor Kanga, le patriote martyrisé ; Tchuidjang Pouémi, le Keynes africain

 

Texte : Irène Mbezele – Photo : Jean Pierre Kepseu / ICI Cameroun