Ndedi Eyango «le Montagnard» a eu une carrière fabuleuse avant de plonger dans les bisbilles de pouvoir dans le droit d’auteur camerounais. Une histoire riche en rebondissements qui mérite le détour car cet homme est sans doute né pour chanter.

On se souvient de cette tournée en Chine où il s’est produit trois fois par jour pendant trois semaines, chaque fois devant près de 4000 personnes. Un couronnement pour cet homme qui a failli rater son entrée dans la musique avec Nweri Nga, un 45 tours géant sorti en 1983 et qui fut tout sauf un succès. “Mais il fut beaucoup aimé par les gens de chez moi”, se console-t-il.

LE SUCCÈS AVEC «SALUT LES MARIES»

Deux ans plus tard, Ndedi Eyango règle les comptes ou plutôt les accords de sa guitare. Salut les mariés sort des studios et casse la baraque. En 1987, l’album You Must calculer sera désigné disque de l’année au Cameroun. En 1989 il crée le Soul botingo, un rythme très cadencé avec des percussions impitoyables qui font des ravages sur les pistes de danse.  1996 est l’année de Viji. L’album Si tu me mens sort en 1998, suivent  You go pay en 2000 et Métamorphoses en 2002.

DES DEBUTS A 7 ANS

Ndedi Eyango débute dans le chant à  7 ans dans une chorale. Entre 10 et 21 ans, sa jeunesse défile entre Ngalmoa, petit village situé dans les montagnes et la grande ville de Nkongsamba, chef lieu du département du Moungo, une cité dont il se rappelle l’hôpital et le Collège d’enseignement technique et industriel (CETI) où il a usé ses fonds de culottes.

Son père Eyango Ngoule Adolphe, qu’il perd à l’age de dix ans, est compositeur de cantiques religieux que le petit prince chante à l’église. “J’avais déjà des cahiers de chant dans lesquels on retrouvait tout genre de musique. Le rêve de faire la musique me hantait  depuis mon jeune âge. A partir de 13 ans, je jouais du tam-tam dans le groupe folklorique de mon village. A 15 ans, j’ai pu toucher une guitare à trois cordes fabriquée au village par un ami d’enfance appelé Manfred Njome. A 18 ans, j’arrive à Douala ou je commence à apprendre les vraies notes sur une vraie guitare”.

LA VIE DURE DU JEUNE EYANGO

Il commence même  à écrire ses chansons. Pour autant, sa carrière ne se déroule pas sans heurts: “Douala était très dure, je n’avais le soutien de personne car personne ne croyait en moi en dehors de ma grande sœur. Les gens me faisaient faire les travaux de maison avant de me laisser toucher leur guitare, je marchais des kilomètres à pied pour pouvoir jouer, je n’avais pas à manger. Je travaillais au port de Douala, dans les laveries de voitures, les ventes à emporter pour avoir le pain quotidien”.

LE RÉCONFORT DE SA MAMAN

Grâce au soutien de sa mère Ekosso Njanjo Augustine, celle qu’il appelle aujourd’hui sa compagne de galères, Ndedi Eyango va tout de même progresser. A 19 ans, il compose déjà très bien et cherche un producteur. La suite, on la connaît.

Jusqu’à ce jour le Montagnard, comme il aime à se faire appeler, continue à apprendre. Quand il n’écoute pas Lionel Richie, Michael Jackson, Sting, Charles Lembe, Eko Roosevelt, Toto Guillaume ou Franco, il s’écoute lui-même. De toutes ses chansons, il dit préférer Njoh Mbella, “une chanson spéciale parce qu’elle reflète ma personnalité et je la trouve très profonde. Au niveau des arrangements je pense que j’ai fait un excellent travail”.

 

Texte: John Lyndon, à New York – Photos ICI Cameroun