Lundi ? Mardi ? C’est finalement hier mercredi que la fête de l’Eid Mubarak a été célébrée au Cameroun. A en croire le Poste national, la communauté musulmane s’est engagé à défendre la paix selon la formule consacrée. Le problème, c’est le suspense qui a conclu cette séquence du ramadan. Premier constat: nous Camerounais sommes passés maîtres ès longs week-ends, ponts et jours fériés, mais nous avons copieusement galéré sur ce coup-là.

Tout a commencé le jeudi 30 mai, jour de l’Ascension. Le calendrier du baccalauréat a été ajusté pour permettre aux élèves de profiter eux aussi du précieux férié. Drôle d’idée. Et le lendemain, les élèves ont été priés de revenir composer, avec ou sans pont ! Allez comprendre. (De mon temps on composait même le dimanche, mais je préfère ne pas insister là-dessus, des fois que je passerais pour un vieux babouin nostalgique).

De jeudi à lundi, nous en étions déjà à un week-end de quatre jours, puisque dans les usages kamer le vendredi est libre dans les faits. D’aucuns en ont profité pour regarder Roland Garros, mais moi j’ai foiré deux rendez-vous importants avec des grands qui ne pouvaient me recevoir qu’au bureau. Dans le doute, ils se sont abstenus… Et ils m’ont dit : Voyons-nous lundi si ce n’est pas férié.

Or pour beaucoup le lundi serait férié et chômé. Comme ça, on aurait un week-end de cinq jours en tout. Pour les plus ambitieux, il y avait possibilité d’obtenir un pont si l’Eid Mubarak  tombait le mardi. On aurait donc eu un week-end de six jours (record mondial si ça se trouve !)

Mais le truc avec les musulmans, c’est qu’il faut guetter la lune. Dans nombre de pays selon la chaîne France 24, la fête fut fixée au mardi 4 juin. D’ailleurs, la lune fut aperçue lundi vers Ndjamena au Tchad voisin. Au Cameroun, rien ! J’imagine qu’à cause de la frontière, on ne pouvait pas voir la même lune à Kousseri sans payer la douane ou quelque chose comme ça. Pour moi, le bilan était amer: ni férié ni rendez-vous important chez les boss dont je vous ai parlé. Dans le doute, ils se sont de nouveau abstenus…

Pourquoi personne ne voyait cette fameuse lune ? J’ai fini par apprendre que c’est une bataille de leadership entre trois associations islamiques reconnues par l’Etat, qui a causé ce bug de la date marquant la fête de l’Eid Mubarak ! De guerre lasse, ce jour férié, attendu par nous autres comme la fumée blanche du Vatican, a été balancé au mercredi 5 juin. Conséquence, les candidats au BEPC ont connu quelques perturbations dont on va sûrement parler à l’avenir.

Et mes rendez-vous alors ? Eh bien, à cause des obsèques de  Martin Belinga Eboutou l’ancien directeur du Cabinet civil de la présidence dont la dépouille arrivait en terre natale ce jeudi, les boss que je tentais de rencontrer depuis une semaine m’ont donné rendez-vous la semaine prochaine. Ainsi va le pays avec ses fériés, et ses glissements de dates.

Thierry Minko’o