Dire qu’on va « en ville » à Douala ne veut rien dire tant qu’on n’a pas précisé le quartier. La capitale économique du Cameroun s’étire sur des kilomètres le long du fleuve Wouri, et trois noms reviennent sans cesse dans la bouche de ceux qui y vivent ou y reviennent : Akwa, Bonanjo, Bonapriso. Trois ambiances, trois usages, à quelques minutes de taxi les unes des autres.
Akwa, le cœur qui ne s’arrête jamais
Akwa est le quartier des affaires, du commerce et du bruit permanent. Les banques, les grands hôtels, les compagnies aériennes et les sièges d’entreprises s’y côtoient avec les vendeurs ambulants et les motos-taxis qui remontent l’avenue de la Liberté. C’est aussi là que se trouve une bonne partie de la vie nocturne de la ville, bars et restaurants ouverts tard. Pour quelqu’un qui débarque de la diaspora avec des démarches administratives ou bancaires à régler, Akwa reste souvent le point de passage obligé avant d’aller ailleurs.
Bonanjo, la mémoire administrative
Bonanjo tranche par son calme relatif et son architecture. C’est le quartier historique de l’administration coloniale allemande puis française, avec ses bâtiments à colonnades, ses larges avenues plantées et les ministères, tribunaux et consulats qui y siègent encore aujourd’hui. On y règle les passeports, les actes officiels, les formalités qui n’ont pas leur place dans le tumulte d’Akwa. Le musée national de Douala, installé dans l’ancien palais des gouverneurs, y raconte cette histoire.
Bonapriso, le quartier qu’on habite
Bonapriso est plus résidentiel, apprécié pour ses villas, ses écoles internationales et ses restaurants qui attirent aussi bien les Camerounais installés que les expatriés. On y trouve un rythme différent : moins de klaxons, plus de terrasses, des supermarchés bien approvisionnés. C’est souvent le quartier où s’installent les familles qui reviennent de l’étranger et cherchent un équilibre entre confort et proximité du centre.
Le marché de Mboppi, entre les trois
Impossible de parler de ces quartiers sans mentionner le marché de Mboppi, l’un des plus grands de Douala, à la lisière d’Akwa. On y trouve de tout, du tissu wax aux pièces détachées, dans une densité de stands qui donne le vertige la première fois. C’est un excellent endroit pour comprendre, en une heure, l’énergie commerciale de la ville mieux qu’en dix lectures sur le sujet.
Traverser le fleuve
Ces trois quartiers se situent tous sur la rive où bat le cœur économique de la ville. De l’autre côté du pont sur le Wouri, direction Bonabéri, la ville change de visage : plus industrielle, plus populaire, avec le port et les zones logistiques. Le pont, régulièrement engorgé aux heures de pointe, reste le symbole de cette ville coupée en deux par le fleuve et reliée par un seul grand passage.
Le passé de Douala comme comptoir puis capitale économique explique cette organisation par quartiers hérités, chacun avec sa fonction propre. Pour ceux qui préparent un séjour plus long, les repères sur les tissus et le petit artisanat qu’on croise sur les marchés valent la peine d’être lus avant de partir faire ses achats à Mboppi.




