Conseiller technique en Communication pour le compte du programme Development Food Assistance, le Camerounais Heyndricks Bilé  s’occupe de lutte contre l’insécurité alimentaire en République démocratique du Congo.

Cette activité l’a conduit à faire des rencontres improbables à travers le continent. C’est ainsi qu’il a été fait notable de Man (Côte d’Ivoire) par un chef rebelle, qu’il a travaillé dans des camps d’Ebola à Conakry, dormi dans un fief de l’armée de résistance LRA en Ouganda, vécu l’immobilisation par la milice Kamwina Nsapu en RDC…

Sur cette image, le Natif d’Essangong par Mengong-Ebolowa (Région du Sud) se trouve avec une femme de petite taille, âgée de trente deux ans. La nommée Kanyeba affirme avoir été violée à plusieurs reprises par les milices armées de son pays. Un drame personnel et global en République démocratique du Congo où les violences sexuelles sont légion. D’après les autorités, 1152 femmes seraient violées par jour, soit environ 48 viols par heure.

Mais le souvenir le plus fort pour Heyndricks Bilé  reste Nzérékoré, en 2015. Là-bas, dans la Guinée forestière, à des milliers de kilomètres du Cameroun, «j’ai trouvé un lycée baptisé Felix Roland Moumié. Ce fut une très grosse émotion».

Heyndricks (dont le prénom vient de l’admiration qu’avait un oncle maternel pour le guitariste américain Jimi Hendrix) poursuit : «Je prends partout plaisir à apprendre de l’Afrique : l’Afrique parfumée de Sandton, des Almadies, de Cocody, de AC2000, de Wuse Street ou de MontFleury. Comme l’Afrique douloureuse de Bambeto, Kabalagala, Yopougon, Bandal ou Miskine. Ces Afriques-là me parlent et m’interpellent mieux que mes séjours en Europe ou en Amérique. Par leur «New-Bellité» affichée ou gommée, elles me rappellent que je suis partout chez moi en Afrique…»

Sujet à découvrir dans ICI N°89, en kiosque