Simon Pierre Ediba pilote un exécutif communal qui a changé pour de bon, la physionomie de la cité historique d’Obala située à une vingtaine de kilomètres de Yaoundé. Autrefois en proie à un beau désordre urbain, la ville rose, de la couleur désormais homologuée sur des bâtiments et édifices a fière allure. Un challenge permanent pour un édile conquérant.

 

Dans sa résidence familiale sise à Nkometou III, à quelques encablures du péage, il règne en cette fin de matinée un calme quasi-plat rompu de temps à autre par les cris d’enfants qui s’amusent dans la grande maison et les pépiements d’oiseaux dans la végétation environnante. Allure athlétique, tee-shirt immaculé et short bleu nuit assorti, paire de tennis et chaussettes aux mêmes tons, l’homme nous reçoit presque au pas de la porte. Ce samedi comme, il est en pleine forme après deux heures de tennis avec son coach Edzoa. Voici quinze ans qu’il est mordu de ce sport comme d’autres sont footeux : «J’avais de l’admiration pour les grands joueurs dont je ne loupe jusqu’à présent aucun match. Compte tenu de mon planning surbooké au bureau, le coach m’entraînait en soirée au Tennis Club de Yaoundé. Depuis, en fan indéfectible, j’ai fait construire un cour dans ma concession où on joue à volonté. Un tournoi est d’ailleurs prévu le mois prochain avec quelques amateurs locaux».

A part le sport qui est son seul loisir, le maire consacre le reste de son énergie au bien-être des populations de la contrée dans laquelle il a été investi en 2007 pour un premier mandat. Membre depuis 1987 du RDPC, parti au pouvoir, il était un tout jeune bachelier quand il devint le président du comité de base de ce parti à Nkolnguem. «A l’époque, ces comités étaient des unités politiques importantes couvrant de vastes territoires. Aujourd’hui, nous sommes passés au statut de sous-section dont je préside toujours les destinées» rappelle-t-il.

Il compte donc vingt cinq ans de pratique militante sans faille. Une telle longévité et bien d’autres aspects l’ont conforté dans un destin politique à côté duquel il aurait pu passer : «J’étais sollicité pour offrir mes services à l’international après ma formation à IAA mais grâce aux conseils avisés des aînés, je suis resté servir mon pays. Le résultat me donne  satisfaction aujourd’hui».

Sur proposition de l’exécutif communal, le concept de ville rose a été adopté pour embellir la cité. Pour l’élu, vernir ainsi tous les édifices publics et privés dans le centre administratif et commercial signifie «Beauté, harmonie, gaieté».

EN QUÊTE DE CHALLENGES

Au-delà de l’harmonie picturale saluée par les bénéficiaires de l’innovation, des infrastructures d’envergure ont vu le jour pendant ce mandat. Notamment un marché de plusieurs centaines de boutiques, un  imposant centre multimédia comprenant une bibliothèque, des salles de fête, de réunion, un abattoir municipal rénové dont le produit dessert Yaoundé et ses environs, des adductions d’eau, l’aménagement de la voirie urbaine, l’électrification, l’installation des cybercafés… Autant de réalisations qui ont changé la face d’Obala avec le coup de pouce du Fonds Spécial d’Equipement et Intervention Intercommunal (Feicom) et des partenaires au développement. Pas peu fier du bilan, Simon Pierre Ediba est conscient que la population attend encore beaucoup : «L’accent  est mis sur l’installation des commodités dans la ville, hôtels et auberges de qualité.  L’eau est encore une denrée marginalement repartie dans les zones rurales tandis que la voirie est amenée à s’agrandir du fait des flux de la population qui est évaluée à près de 125.000 âmes».

Un challenge un second mandat serait certainement-il le bienvenu pour parachever cette feuille de route ? «Nous n’en sommes pas encore là, réagit-il. C’est le président de la République qui ouvrira le moment venu le processus électoral et les directives du parti vont édicter les mesures pour rentrer dans les joutes électorales».

Né en 1966 à Nkometou 3 sur la nationale N°4, le magistrat municipal y effectue son parcours primaire. Admis au secondaire, il fait ses classes au lycée d’Obala où il décroche en 1987 un baccalauréat A4. Celui qui rêvait d’embrasser une carrière d’administrateur civil s’inscrit en Faculté de droit et de sciences politique de l’Université de Yaoundé.  Il y décroche une licence en droit public en 1991.

EN PASSANT PAR LES ASSURANCES

Mais les mouvements de grève à l’université  et les perturbations engendrées le conduisent à surseoir ses études pour se lancer sur le marché du travail. Il est recruté à l’Office National des Ports du Cameroun (Onpc) qui le détache au Port Autonome de Douala (Pad) comme cadre administratif jusqu’en 1996. Il est rappelé à Yaoundé comme secrétaire particulier dans le cabinet du ministre des Transports de l’époque, Joseph Tsanga Abanda qui venait d’être porté à ce strapontin. Un tournant dans sa vie professionnelle et politique : «Cette expérience a été très enrichissante pour moi. J’avais le choix entre travailler et bien gagner ma vie au PAD et apprendre auprès d’un membre du gouvernement de qui je tiens les rudiments du métier politique», avance-t-il.

Entre ses prorogatives au ministère et son temps libre, il reprend le chemin des bancs en 1998. Il obtient une maîtrise en sciences politiques. Malgré son retour en 2001 de ce qui est devenu après son départ l’Autorité Portuaire Nationale il étanche sa soif de savoir à l’Institut International des Assurances (Iia) où il finit parmi les trois majors avec un Diplôme d’Études Spécialisées en Assurances (Dess). Au fil de son parcours il se rend compte que «le marché des assurances représente deux cent milliard de francs au Cameroun. J’étais intéressé par ce créneau porteur des marchés financiers».  Par la suite, il crée une société de courtage en assurance, et découvre de nouveaux horizons en Afrique et ailleurs. Une qualification qu’il fait valoir auprès d’une société de courtage en assurances.  En privé Simon-Pierre coule des jours heureux avec Marie-Noëlle et leurs enfants. La précieuse conseillère sait trouver les justes mots pour atténuer les coups durs sur l’arène politique et en dehors. En toute douceur.

Texte : Irène Mbezele  (Avec Corneille Ombé)

Photos : Jean Pierre Kepseu / ICI Cameroun N°75

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