Ben Decca a récemment défrayé la chronique quand il a  retrouvé les salles de spectacles en Europe. C’était après que la soi-disant BAS (Brigade anti sardinards) l’a retiré de la black-liste des artistes qui avaient pris part au concert de fin de campagne présidentielle du RDPC le 06 octobre 2018 au Palais polyvalent des sports de Yaoundé.

Mais Ben Decca, née en 1958, c’est avant tout un poids lourd de la scène musicale camerounaise. 25 albums et plus de 150 titres. Parmi ces albums : Wamse timba (1981), Maloko (1982), Amour à sens unique (1986), Nye te na oa, Na si lingé, O si tapa lambo lam, Réconciliation (1988), Dibambe (1990), Espoir (1992), Ebele o boso, C’est tout moi (2009). Son vingt-cinquième album intitulé Électron Libre, est sorti en 2017.

Neveu de Nelle Eyoum, considéré comme chanteur de charme et surnommé le prince de Deido, Ben Decca a été disque d’or au Cameroun en 1986. Son cousin Joe Mboulé l’arrache à sa vocation d’expert automobile et le pousse sur scène. Il gardera une profonde méfiance du milieu du show biz. Ainsi, sa carrière fut entachée par ses adieux en 1987 et son retour en 1988. Il est le précurseur d’une lignée de chanteurs issus de la même famille.

 

«LE REFLET DE L’IMAGE DE CEUX QUI M’AIMENT»

Lors d’une entrevue avec ICI Cameroun, le crooner sawa en a dit un peu plus sur lui-même. Notamment, sur son côté frimeur, décrié par quelques contempteurs : «Je ne suis que le reflet de l’image de ceux qui m’aiment. Moi-même je ne me vois pas, parce que je suis derrière mes yeux. Les personnes qui ne m’aiment pas projettent de moi une image négative, alors qu’une personne qui t’aime va occulter tes défauts pour ne retenir que tes qualités. Aussi, je préfère ne retenir que la représentation qu’ont de moi les gens qui m’aiment. Je respecte le point de vue des personnes qui ne m’aiment pas, parce que l’amour n’est pas obligatoire».

 

«LE DUALA : ASSEZ SUBTIL ET TRÈS RICHE»

Interrogé sur ses textes portant toujours cette marque d’images comparatives et métaphoriques enrobées dans des tournures idiomatiques duala, il avait expliqué : «Il y a tout. C’est parfois des faits vécus, une histoire racontée qui m’inspire, la tradition, mais surtout l’amour. Les choses de la vie, quoi ! Je ne peux pas avoir la prétention d’être un vecteur d’apprentissage de la langue duala, parce que moi-même je continue d’apprendre. J’apprends auprès des personnes qui me sont chères, des personnes qui m’entourent, des aînés. J’apprends, j’écoute beaucoup. Cela dit, la langue duala est assez subtile et très riche. Il faut simplement la connaître. Moi j’ai un penchant particulier pour tout ce qui est érotique. Je pense qu’il y a des mots parfois érotiques que les jeunes ne connaissent pas. À ne pas confondre avec la pornographie et la grossièreté qui n’ont jamais fait ménage avec moi. On peut parler de l’amour sans être grossier».

 

Extraits d’un entretien avec Tongo Etonde – ICI Cameroun